CHAPITRE XIII_ Maykael
La mince silhouette d'un homme se détachait dans la clarté de la pleine lune, étrangement énorme et orangée de soir là, comme lors des nuits de sabbat. Il était assis en haut d'une dune rouge et regardait vers le Nord Est, vers son unique but... Les lumières de cette cité ne lui étaient pas inconnues. Twotf, que l'on disait la plus belle des contrées, la plus riche, celle où tous les marchands de tous les mondes se rendait... Et Carlotta, la capitale, était là, presque à la portée de la main, si près, si près !
- Maître ! Votre tente est fin prête !
L'homme se redressa élégamment dans le sable écarlate du Désert Rouge et se tourna vers celui qui lui avait parlé. Il lui fit un signe et son serviteur s'éclipsa de nouveau dans la nuit, aussi vite qu'il en était apparu. Se relevant de toute sa hauteur, il observa le chantier qui s'était organisé à ses pieds, et sourit. Bien. Très bien.
Il était vraiment séduisant, dans son genre. Son visage était fin, éclairé par deux yeux jaunes brillant comme deux soleils et contrastant de façon étrange avec le gris bleuté de sa peau. Son nez aquilin surmontait une bouche délicieusement charnue où venaient vagabonder quelques unes de ses longues mèches immaculées. Grand, mince, Maykael était le général Drow le plus irrésistible et ambitieux que la terre eût jamais porté. Les Elfes noirs étaient d'une nature belliqueuse, et personne n'y pouvait rien depuis les jeunes années du monde. Et cette fois... Il voulait Twotf. Il la voulait, coûte que coûte, et il allait l'avoir. Oui, il n'imaginait plus sa vie sans gouverner cette contrée.
Il avait fait ce qu'il fallait pour que les habitants de ce pays soient informés de leur présence. Ils avaient fait un peu de grabuge la veille au soir, tout spécialement pour que les espions -car il savait qu'il y en avait, toute puissance digne de ce nom en disposait un peu partout, on ne savait jamais... en cas d'intrusions, par exemple !- soient informés de leur présence. Depuis, ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'on leur envoie quelqu'un, pour "négocier". Il avait l'habitude. Par-delà les mers, il avait déjà annexé Khandor, et de nombreuses autres contrées divisées. Ce n'était que sa première tentative sur un vrai Etat. Mais il avait de quoi se battre.
Il descendit la dune, ses bottes noires s’enfonçant profondément dans le sable encore tiède, et se dirigea vers le campement qui avait commencé à s’installer à l’abri du désert. C’était un véritable chantier : partout les Elfes noirs s’affairaient, dépliaient les grandes bâches de toile, montaient de grands piquets, étendaient en au sol nombre de tapis raffinés pour les tentes de leurs chefs. En effet, ils comptaient rester là le temps qu’il faudrait pour venir à bout du pouvoir twotfien et s’emparer de la contrée. Autant être alors confortablement installé. A quelques centaines de mètres, une petite lanterne indiquait la tente d’intendance, où toute la nourriture était conservée, puis à côté d’elle la tente d’infirmerie, pour soigner les éventuels blessés dans le cas d’un conflit direct. Puis, derrière, trois longues rangées de tentes plus petites servaient aux soldats.
Maykael poussa la peau de tigre qui masquait l’entrée d’une tente gardée par deux soldats armés. Alors c’était là qu’il allait habiter pendant un temps... C’était bien assez. Il avait l’habitude de ce genre de logis, lui était un nomade, un Drow du sud. A l’intérieur, la tente était somptueuse : le plafond était composé de précieuses étoffes, le sol recouvert de peaux de bêtes ne laissait plus voir un seul carré de ce sable rouge. Au centre de l’immense tente se dressait un grand lit à baldaquin recouvert de draps de satin bleu foncé. Il y avait aussi nombre de fauteuils pour tenir conseil avec le reste des officiers, une coiffeuse à moitié masquée par les tissus tombants, un bureau d’ébène et une chaise. C’était parfait. Il aimait ce luxe éphémère, ce havre au milieu de l’inhostilité d’un désert.
Le Drow ne put contempler sa tente plus longtemps, car déjà un des gardes s’était penché à travers le rideau d’entrée et s’inclinait.
- Que veux-tu ? demanda Maykael brusquement.
S’il y avait une chose qu’il ne supportait pas, c’était d’être importuné alors qu’il était seul et en train de se livrer à une observation tout à fait paisible.
Le garde s’inclina et prit la parole :
- Général, il y a là un homme qui veut vous voir. Il prétend être l’envoyé du gouvernement de Carlotta pour les négociations.
Un rictus se dessina sur les minces lèvres de Maykael. Très bien. C’était parfait. Il avait failli attendre, et pendant l’après midi s’était seulement demandé si on allait leur envoyer quelqu’un. Il commençait même à doute de l’existence d’espions dans cette étrange contrée.
- Fais-le entrer, ordonna-t-il. Vous êtes en retard, très cher. Je vous attendais bien plus tôt. Il est bien malheureux de faire attendre une puissance aux portes de Twotf…
- Oh, je vous prie de m’excuser, déclara la voix grave de l’homme qui venait d’entrer. J’ai eu quelques… petits problèmes à régler, avant de venir.
- Maître ! Votre tente est fin prête !
L'homme se redressa élégamment dans le sable écarlate du Désert Rouge et se tourna vers celui qui lui avait parlé. Il lui fit un signe et son serviteur s'éclipsa de nouveau dans la nuit, aussi vite qu'il en était apparu. Se relevant de toute sa hauteur, il observa le chantier qui s'était organisé à ses pieds, et sourit. Bien. Très bien.
Il était vraiment séduisant, dans son genre. Son visage était fin, éclairé par deux yeux jaunes brillant comme deux soleils et contrastant de façon étrange avec le gris bleuté de sa peau. Son nez aquilin surmontait une bouche délicieusement charnue où venaient vagabonder quelques unes de ses longues mèches immaculées. Grand, mince, Maykael était le général Drow le plus irrésistible et ambitieux que la terre eût jamais porté. Les Elfes noirs étaient d'une nature belliqueuse, et personne n'y pouvait rien depuis les jeunes années du monde. Et cette fois... Il voulait Twotf. Il la voulait, coûte que coûte, et il allait l'avoir. Oui, il n'imaginait plus sa vie sans gouverner cette contrée.
Il avait fait ce qu'il fallait pour que les habitants de ce pays soient informés de leur présence. Ils avaient fait un peu de grabuge la veille au soir, tout spécialement pour que les espions -car il savait qu'il y en avait, toute puissance digne de ce nom en disposait un peu partout, on ne savait jamais... en cas d'intrusions, par exemple !- soient informés de leur présence. Depuis, ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'on leur envoie quelqu'un, pour "négocier". Il avait l'habitude. Par-delà les mers, il avait déjà annexé Khandor, et de nombreuses autres contrées divisées. Ce n'était que sa première tentative sur un vrai Etat. Mais il avait de quoi se battre.
Il descendit la dune, ses bottes noires s’enfonçant profondément dans le sable encore tiède, et se dirigea vers le campement qui avait commencé à s’installer à l’abri du désert. C’était un véritable chantier : partout les Elfes noirs s’affairaient, dépliaient les grandes bâches de toile, montaient de grands piquets, étendaient en au sol nombre de tapis raffinés pour les tentes de leurs chefs. En effet, ils comptaient rester là le temps qu’il faudrait pour venir à bout du pouvoir twotfien et s’emparer de la contrée. Autant être alors confortablement installé. A quelques centaines de mètres, une petite lanterne indiquait la tente d’intendance, où toute la nourriture était conservée, puis à côté d’elle la tente d’infirmerie, pour soigner les éventuels blessés dans le cas d’un conflit direct. Puis, derrière, trois longues rangées de tentes plus petites servaient aux soldats.
Maykael poussa la peau de tigre qui masquait l’entrée d’une tente gardée par deux soldats armés. Alors c’était là qu’il allait habiter pendant un temps... C’était bien assez. Il avait l’habitude de ce genre de logis, lui était un nomade, un Drow du sud. A l’intérieur, la tente était somptueuse : le plafond était composé de précieuses étoffes, le sol recouvert de peaux de bêtes ne laissait plus voir un seul carré de ce sable rouge. Au centre de l’immense tente se dressait un grand lit à baldaquin recouvert de draps de satin bleu foncé. Il y avait aussi nombre de fauteuils pour tenir conseil avec le reste des officiers, une coiffeuse à moitié masquée par les tissus tombants, un bureau d’ébène et une chaise. C’était parfait. Il aimait ce luxe éphémère, ce havre au milieu de l’inhostilité d’un désert.
Le Drow ne put contempler sa tente plus longtemps, car déjà un des gardes s’était penché à travers le rideau d’entrée et s’inclinait.
- Que veux-tu ? demanda Maykael brusquement.
S’il y avait une chose qu’il ne supportait pas, c’était d’être importuné alors qu’il était seul et en train de se livrer à une observation tout à fait paisible.
Le garde s’inclina et prit la parole :
- Général, il y a là un homme qui veut vous voir. Il prétend être l’envoyé du gouvernement de Carlotta pour les négociations.
Un rictus se dessina sur les minces lèvres de Maykael. Très bien. C’était parfait. Il avait failli attendre, et pendant l’après midi s’était seulement demandé si on allait leur envoyer quelqu’un. Il commençait même à doute de l’existence d’espions dans cette étrange contrée.
- Fais-le entrer, ordonna-t-il. Vous êtes en retard, très cher. Je vous attendais bien plus tôt. Il est bien malheureux de faire attendre une puissance aux portes de Twotf…
- Oh, je vous prie de m’excuser, déclara la voix grave de l’homme qui venait d’entrer. J’ai eu quelques… petits problèmes à régler, avant de venir.

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