CHAPITRE VIII _au gai tripot
Tout d'abord, Adüstyo souffrait le martyre. Son épaule lui faisait atrocement mal, ce qui avait sans doute du le réveiller. Puis, comme tous les matins -car il supposait que ce fût bien le matin, il s'était encore une fois attendu a voir le soleil en ouvrant les yeux.
Peu à peu, il remit ses idées et ses souvenirs en place. La trahison de Capricorn, sa fuite dans les souterrains... Il avait marché longtemps, longtemps, sans même prendre la peine d'enlever la dague de son épaule, puis, à force de ranper et de tituber dans le couloir sans fin, il avait enfin débouché quelque part dans le champ de bataille de Pyrathia en début de soirée, exténué. Et puis après, plus rien. Le vide total. Il était à présent en milieu inconnu, dans un lit de plumes, un bandage de tissu autour de l'épaule.
Le gardien se redressa un peu dans son lit et se frotta les yeux, vielle habitude qu'il avait gardée. Doucement, il enleva la couverture de son corps et se rendit compte qu'il était presque entièrement dévêtu. A tatons, il trouva sur une chaise toute proche ce qui ressemblait à une longue tunique de toile fine. Il l'enfila rapidement et resta au milieu de la pièce, incertain. Qu'allait-il faire ? De toute évidence, son sauveur n'était pas là, ou pas dans cette pièce. Le mieux était de partir à sa recherche. Mais comment se repérer dans une demeure parfaitement inconnue ? Alors qu'il reculait pour se rasseoir sur le lit, son pied nu entra en contact avec quelque chose de rugueux. C'était une grosse corde étendue sur le sol. Tentant le tout pour le tout, Adüstyo posa sa plante gauche dessus, et, pas à pas, suivit le chemin tracé par la corde. Il passa la porte, marcha le long d'un petit couloir désert, traversa un rideau de perles... Finalement, sa course s'arrêta sur un haut tabouret devant un comptoir de bois vernis sur lequel était posé un grand verre de rhum.
- Vu ton état, tu devrais le boire, Adüstyo, résonna une voix de femme à l'autre bout de la pièce. Tu n'as pourtant pas toujours eu cette aversion pour l'alcool, n'est-ce pas ?
Adüstyo sursauta. Son ouie l'avait trahi, il ne s'était pas du tout attendu à ce que quelqu'un d'autre fût dans la pièce.
- Je... je vous prie de m'excuser, madame, je ne savais pas que... Enfin, que vous étiez là, balbutia l'elfe, assez gêné d'avoir été surpris.
- Bien sûr...
Il entendit la femme de lever dans un bruissement léger, et, presque inaudiblement, se diriger vers lui. Il percevait le son des étoffes traînant sur le sol, et celui de la profonde respiration de son hôte.
- Quand je t'ai vu sur la plaine, près de l'entrée du souterrain, en train de crever dans ton sang, je me suis demandée si je devais ravaller ma rancoeur et te sauver, ou te laisser mourir là. Mais ma vengeance aurait été trop amère si j'avais laissé faire les choses. Alors je t'ai ramené.
Adüstyo fut surpris par les paroles de la femme. Sa voix si particulière était chargée de haine. Bien sûr la plupart des démons tutoyaient les inconnus, la majorité le connaissaient au moins en temps que gardien, et de détestaient pour cette même raison. Mais là, c'était différent. Un haine plus profonde, plus violente encore, émanait de la voix de cette femme. Et cette voix ! Il aurait juré l'avoir déja entendu. Mais où ? Et quand ?
- Je... je vous connais ? demanda Adüstyo, ne sachant à quoi s'attendre.
- j'ai bien peur pour toi que oui, répondit la femme moqueusement. Mais il serait bien plus amusant de te regarder réfléchir des heures, des jours, pour que tu t'en souviennes et que tu maudisses le jour où tu es venu au monde. Moi, je repose depuis près de quinze ans... Allez, Adüstyo, fais marcher ta petite tête, cherche dans tes souvenirs ! Y suis-je passée si brièvement que ça ?...
Adüsty demeura muet. Plus l'autre parlait, plus sa voix le hantait. Bien sûr qu'il l'avait connu. Mais où ? Et qui était-elle ? Que lui avait-il bien fait pour suciter de sa part une haine si prononcée ?
Comme il se taisait, la femme continua :
- Quoi qu'il en soit, ici la règle est la même que partout ailleurs dans Pyrathia. Je t'ai trouvé donc tu es à moi, jusqu'à ce que je décide de quoi faire de toi. En attendant j'ai des questions. Je veux savoir ce que tu...
Elle ne put aller plus loin dans sa phrase, car un énorme claquement se fit soudain entendre.
- AIDE MOI ! IL EST EN TRAIN DE CREVER ! hurla une autre voix féminine.
La femme réagit immédiatement :
- Mon dieu, Mystic ! Pose-le sur la table, vite !
Adüstyo, complètement dépassé par les évènements, se fit pousser sans ménagement.
- Dégage, toi ! Retourne dans la chambre, je m'occuperai de ton cas plus tard...
L'elfe, abasourdi, se prit un mur et parvint à retraverser le rideau de perles pour se retrouver dans le couloir. Il se laissa glisser contre le mur et essaya de souffler. Il n'avait pas bien compris ce qui venait de se passer, mais après reflexion et déduit qu'une femme était entrée avec un homme gravement blessé, important aux yeux de son hôte. Peut-être son compagnon ? Mais la question qui revenait sans arrêt était "qui est-elle ?" . Une femme qu'il avait connu, et à qui il avait vraisemblablement fait du mal personnellement. Il devait absolument savoir.
Dans la pièce principale, des voix s'étaient calmées, et se transformaient en chuchotements. Le Gardien se glissa jusqu'à l'ouverture et tendit l'oreille, pour tenter de percevoir la conversation des deux femmes.
- Tu es sûr qu'il va s'en sortir ?
- Laar s'en est toujours sorti. Il a besoin de soins, de repos, de chaleur... et d'alcool. Qu'y a-t-il ?
- Ils sont tous morts, Hystéria. je n'ai pas pu empêcher... Je les ai tous massacré, mais il était trop tard !
- je sais... Mystic, ce n'est pas ta faute. C'est un ordre qui vient de la Chambre. On veut tous nous supprimer... Laar n'a pas du résister à la torture et a communiqué vos positions exactes.
- Cet imbécile...
- Ne le juge pas si vite. Qui sait si ton coeur n'aurait pas flanché si tu avais subi ce qu'il lui ont fait.
- J'aurais préféré mourir plutôt que de trahir le clan !
- Les hommes n'aiement pas mourir.
Adüstyo en avait assez entendu pour se sentir, mal, très mal. Il retourna dans "sa chambre" et se laissa tomber derrière la porte, la tête dans les mains. Un gigantesque flot de souvenirs le submergeait soudain. Des reflus du passé qui avaient surgi à un seul nom : Hystéria. Oui, effectivement, il avait connu une Hystéria, une vingtaine d'années de cela. Et pas qu'un peu. Une démone très bien placée pour dire "les hommes n'aiment pas mourir". Un trahison qui, même jusqu'à ces jours sombres, lui serrait le coeur. Sans doute s'il ne se l'était pas mise à dos, elle aurait pu rassembler dans son sillon tous les démons de Pyrathia et les mener à un arrangement avec le gouvernement de Twotf. mais trop les séparait : lui, le rebelle de l'époque, révolutionaire en infiltration, discret, dans l'ombre, et elle, fougueuse succube ayant fondé le tout premier service de milice, l'Ordre de Crystal, chef des services secrets des Cygnes rouges, explosive et réputée pour ses crises d'hystérie...
Pourtant, était-ce vraiment elle ? Il reconnaissait bien sa voix, celle-là même qui l'avait hanté pendant tant d'années, mais pouvait-il s'y fier ? Et si Capricorn l'avait filé jusque là et le tenait sous n'importe quel pouvoir psychique ? Il devait vérifier d'Hystéria était bien Hystéria, et là seulement il pouvait commencer à paniquer.
*
Voulait-il vraiment le faire ? Il n'osait pas imaginer ce qu'elle allait faire de lui. mais il devait s'y risquer. Pourtant il savait ce dont elle était capable.Il l'avait vu égorger puis calciner un commando entier de rebelles pendant la révolution. Il savait ce qui pouvait arriver si elle faisait une crise d'hystérie. D'abord elle serait paniquée, elle ne voudrait pas fermer les yeux... Mais le temps d'un clignement tout serait terminé : son esprit conscient serait submergé, et elle ne serait plus qu'une bête féroce, insondable, régie par un instinct meurtrier...
Adüstyo, dans un frisson, tourna sans bruit la poignée d'argent de la chambre de la démone. A l'intérieur, il régnait une chaleur étouffante, mêlé à un léger parfum d'encens. Il avança dans la pièce avec précautions, prenant garde à ne faire aucun bruit qui eût pu réveiller les alentours. Doucement, très doucement, il se baissa et avança ses deux paumes ouvertes dans le vide, qui entrèrent bientôt en contact avec un entrelas de draps de satin. Puis des joues, des lèvres pulpeuses, un cou fin, de minces épaules, de grandes ailes membraneuses comme celles des chauve-souris. Et enfin la courbe du dos qui n'en finissait pas. Les mains d'Adüstyo glissèrent sur la peau douce de la démone et s'arrétèrent soudain. En suivant le creux de la collone vertébrale jusqu'en bas du dos, ses mains étaient entrées en contact avec un endroit où la peau formait un étrange relief. Le sang d'Adüstyo ne fit qu'un tour. Sous ses doigts, c'était un tatouage qu'il connaissait bien. Un cygne rouge, les ailes ouvertes, avec des yeux de feu, et...
- Je m'étais jurée que plus jamais tu ne toucherais à mon corps...
Quelque chose avait attrapé le Gardien par le cou, et le serrait à présent si fort que celui-ci se retira d'un coup.
- Hystéria... Je... Je voulais savoir si c'était toi... souffla Adüstyo, serrant les dents de douleur.
- Eh bien mainteant tu le sais, non ?
ce fut la dernière phrase qu'il entendit avant de se sentir projeté contre le mur et de perdre connaissance.
Peu à peu, il remit ses idées et ses souvenirs en place. La trahison de Capricorn, sa fuite dans les souterrains... Il avait marché longtemps, longtemps, sans même prendre la peine d'enlever la dague de son épaule, puis, à force de ranper et de tituber dans le couloir sans fin, il avait enfin débouché quelque part dans le champ de bataille de Pyrathia en début de soirée, exténué. Et puis après, plus rien. Le vide total. Il était à présent en milieu inconnu, dans un lit de plumes, un bandage de tissu autour de l'épaule.
Le gardien se redressa un peu dans son lit et se frotta les yeux, vielle habitude qu'il avait gardée. Doucement, il enleva la couverture de son corps et se rendit compte qu'il était presque entièrement dévêtu. A tatons, il trouva sur une chaise toute proche ce qui ressemblait à une longue tunique de toile fine. Il l'enfila rapidement et resta au milieu de la pièce, incertain. Qu'allait-il faire ? De toute évidence, son sauveur n'était pas là, ou pas dans cette pièce. Le mieux était de partir à sa recherche. Mais comment se repérer dans une demeure parfaitement inconnue ? Alors qu'il reculait pour se rasseoir sur le lit, son pied nu entra en contact avec quelque chose de rugueux. C'était une grosse corde étendue sur le sol. Tentant le tout pour le tout, Adüstyo posa sa plante gauche dessus, et, pas à pas, suivit le chemin tracé par la corde. Il passa la porte, marcha le long d'un petit couloir désert, traversa un rideau de perles... Finalement, sa course s'arrêta sur un haut tabouret devant un comptoir de bois vernis sur lequel était posé un grand verre de rhum.
- Vu ton état, tu devrais le boire, Adüstyo, résonna une voix de femme à l'autre bout de la pièce. Tu n'as pourtant pas toujours eu cette aversion pour l'alcool, n'est-ce pas ?
Adüstyo sursauta. Son ouie l'avait trahi, il ne s'était pas du tout attendu à ce que quelqu'un d'autre fût dans la pièce.
- Je... je vous prie de m'excuser, madame, je ne savais pas que... Enfin, que vous étiez là, balbutia l'elfe, assez gêné d'avoir été surpris.
- Bien sûr...
Il entendit la femme de lever dans un bruissement léger, et, presque inaudiblement, se diriger vers lui. Il percevait le son des étoffes traînant sur le sol, et celui de la profonde respiration de son hôte.
- Quand je t'ai vu sur la plaine, près de l'entrée du souterrain, en train de crever dans ton sang, je me suis demandée si je devais ravaller ma rancoeur et te sauver, ou te laisser mourir là. Mais ma vengeance aurait été trop amère si j'avais laissé faire les choses. Alors je t'ai ramené.
Adüstyo fut surpris par les paroles de la femme. Sa voix si particulière était chargée de haine. Bien sûr la plupart des démons tutoyaient les inconnus, la majorité le connaissaient au moins en temps que gardien, et de détestaient pour cette même raison. Mais là, c'était différent. Un haine plus profonde, plus violente encore, émanait de la voix de cette femme. Et cette voix ! Il aurait juré l'avoir déja entendu. Mais où ? Et quand ?
- Je... je vous connais ? demanda Adüstyo, ne sachant à quoi s'attendre.
- j'ai bien peur pour toi que oui, répondit la femme moqueusement. Mais il serait bien plus amusant de te regarder réfléchir des heures, des jours, pour que tu t'en souviennes et que tu maudisses le jour où tu es venu au monde. Moi, je repose depuis près de quinze ans... Allez, Adüstyo, fais marcher ta petite tête, cherche dans tes souvenirs ! Y suis-je passée si brièvement que ça ?...
Adüsty demeura muet. Plus l'autre parlait, plus sa voix le hantait. Bien sûr qu'il l'avait connu. Mais où ? Et qui était-elle ? Que lui avait-il bien fait pour suciter de sa part une haine si prononcée ?
Comme il se taisait, la femme continua :
- Quoi qu'il en soit, ici la règle est la même que partout ailleurs dans Pyrathia. Je t'ai trouvé donc tu es à moi, jusqu'à ce que je décide de quoi faire de toi. En attendant j'ai des questions. Je veux savoir ce que tu...
Elle ne put aller plus loin dans sa phrase, car un énorme claquement se fit soudain entendre.
- AIDE MOI ! IL EST EN TRAIN DE CREVER ! hurla une autre voix féminine.
La femme réagit immédiatement :
- Mon dieu, Mystic ! Pose-le sur la table, vite !
Adüstyo, complètement dépassé par les évènements, se fit pousser sans ménagement.
- Dégage, toi ! Retourne dans la chambre, je m'occuperai de ton cas plus tard...
L'elfe, abasourdi, se prit un mur et parvint à retraverser le rideau de perles pour se retrouver dans le couloir. Il se laissa glisser contre le mur et essaya de souffler. Il n'avait pas bien compris ce qui venait de se passer, mais après reflexion et déduit qu'une femme était entrée avec un homme gravement blessé, important aux yeux de son hôte. Peut-être son compagnon ? Mais la question qui revenait sans arrêt était "qui est-elle ?" . Une femme qu'il avait connu, et à qui il avait vraisemblablement fait du mal personnellement. Il devait absolument savoir.
Dans la pièce principale, des voix s'étaient calmées, et se transformaient en chuchotements. Le Gardien se glissa jusqu'à l'ouverture et tendit l'oreille, pour tenter de percevoir la conversation des deux femmes.
- Tu es sûr qu'il va s'en sortir ?
- Laar s'en est toujours sorti. Il a besoin de soins, de repos, de chaleur... et d'alcool. Qu'y a-t-il ?
- Ils sont tous morts, Hystéria. je n'ai pas pu empêcher... Je les ai tous massacré, mais il était trop tard !
- je sais... Mystic, ce n'est pas ta faute. C'est un ordre qui vient de la Chambre. On veut tous nous supprimer... Laar n'a pas du résister à la torture et a communiqué vos positions exactes.
- Cet imbécile...
- Ne le juge pas si vite. Qui sait si ton coeur n'aurait pas flanché si tu avais subi ce qu'il lui ont fait.
- J'aurais préféré mourir plutôt que de trahir le clan !
- Les hommes n'aiement pas mourir.
Adüstyo en avait assez entendu pour se sentir, mal, très mal. Il retourna dans "sa chambre" et se laissa tomber derrière la porte, la tête dans les mains. Un gigantesque flot de souvenirs le submergeait soudain. Des reflus du passé qui avaient surgi à un seul nom : Hystéria. Oui, effectivement, il avait connu une Hystéria, une vingtaine d'années de cela. Et pas qu'un peu. Une démone très bien placée pour dire "les hommes n'aiment pas mourir". Un trahison qui, même jusqu'à ces jours sombres, lui serrait le coeur. Sans doute s'il ne se l'était pas mise à dos, elle aurait pu rassembler dans son sillon tous les démons de Pyrathia et les mener à un arrangement avec le gouvernement de Twotf. mais trop les séparait : lui, le rebelle de l'époque, révolutionaire en infiltration, discret, dans l'ombre, et elle, fougueuse succube ayant fondé le tout premier service de milice, l'Ordre de Crystal, chef des services secrets des Cygnes rouges, explosive et réputée pour ses crises d'hystérie...
Pourtant, était-ce vraiment elle ? Il reconnaissait bien sa voix, celle-là même qui l'avait hanté pendant tant d'années, mais pouvait-il s'y fier ? Et si Capricorn l'avait filé jusque là et le tenait sous n'importe quel pouvoir psychique ? Il devait vérifier d'Hystéria était bien Hystéria, et là seulement il pouvait commencer à paniquer.
*
Voulait-il vraiment le faire ? Il n'osait pas imaginer ce qu'elle allait faire de lui. mais il devait s'y risquer. Pourtant il savait ce dont elle était capable.Il l'avait vu égorger puis calciner un commando entier de rebelles pendant la révolution. Il savait ce qui pouvait arriver si elle faisait une crise d'hystérie. D'abord elle serait paniquée, elle ne voudrait pas fermer les yeux... Mais le temps d'un clignement tout serait terminé : son esprit conscient serait submergé, et elle ne serait plus qu'une bête féroce, insondable, régie par un instinct meurtrier...
Adüstyo, dans un frisson, tourna sans bruit la poignée d'argent de la chambre de la démone. A l'intérieur, il régnait une chaleur étouffante, mêlé à un léger parfum d'encens. Il avança dans la pièce avec précautions, prenant garde à ne faire aucun bruit qui eût pu réveiller les alentours. Doucement, très doucement, il se baissa et avança ses deux paumes ouvertes dans le vide, qui entrèrent bientôt en contact avec un entrelas de draps de satin. Puis des joues, des lèvres pulpeuses, un cou fin, de minces épaules, de grandes ailes membraneuses comme celles des chauve-souris. Et enfin la courbe du dos qui n'en finissait pas. Les mains d'Adüstyo glissèrent sur la peau douce de la démone et s'arrétèrent soudain. En suivant le creux de la collone vertébrale jusqu'en bas du dos, ses mains étaient entrées en contact avec un endroit où la peau formait un étrange relief. Le sang d'Adüstyo ne fit qu'un tour. Sous ses doigts, c'était un tatouage qu'il connaissait bien. Un cygne rouge, les ailes ouvertes, avec des yeux de feu, et...
- Je m'étais jurée que plus jamais tu ne toucherais à mon corps...
Quelque chose avait attrapé le Gardien par le cou, et le serrait à présent si fort que celui-ci se retira d'un coup.
- Hystéria... Je... Je voulais savoir si c'était toi... souffla Adüstyo, serrant les dents de douleur.
- Eh bien mainteant tu le sais, non ?
ce fut la dernière phrase qu'il entendit avant de se sentir projeté contre le mur et de perdre connaissance.

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