Thursday, June 30, 2005

CHAPITRE VI Double trahison

Une nuit. Juste une nuit de plus où Adüstyo n'avait pas dormi. On lui avait raporté à une heure du matin qu'il y avait eu une violente attaque au pénitentier de Twotf, et il avait dû quitter la fête avec une précipitation qui n'était pas passée inaperçue autour de lui, déclanchant une mini vague de pagaille. Sur place, où était déja l'hopital qui faisait le tri dans la cinquantaine de soldats à terre entre ceux qui étaient toujours vivants et ceux qui ne l'étaient plus, il put déplorer la fuite du démon qui avait perpétré l'attentat de la Chambre Pourpre deux jours auparavant. Il ordonna qu'on accrochât partout en ville un portrait robot et qu'on fît connaître le montant de la prime pour sa capture. On avait aussi retrouvé sur le champ de bataille le corps d'une archange serieusement amochée, et qui fut identifiée par un espion du sénateur Kaos comme étant Saraka, le leader d'un important clan de Pyrathia.

Finalement, Adüstyo rentra à Carlotta au lever du jour, et à peine assis à son bureau, recevait déja plusieurs vistes. La première était de Marwin, furieux, bouillonnant, tout près à exploser. Criant, faisant les cent pas, il incendiait son gardien pour des raisons plus ou moins valables, en postillonnant allègrement.

- Enfin Marwin, calmez-vous !

- Que je me calme ? QUE JE ME CALME ? ETES-VOUS AVEUGLE ? LA FETE A ÉTÉ UNE VÉRITABLE CATASTROPHE !

- Encore une fois je vais être obligé de vous décevoir, mais oui, je suis bel et bien aveugle. Vous exagérez. Mis à part cet incident regrettable, le bal s'est bien déroulé.

La face ronde du petite homme était toute cramoisie, et il transpirait de chaque pore de sa peau, gesticulant et se tortillant de tous côtés.

- Incident regrettable ? répéta-t-il, les bajoues tremblantes.

- C'est en effet ce que j'ai dit.

- Vous croyez à un incident regrettable, hein ? Sottises ! Stupideries ! aboya Marwin, au bord de la crise de nerfs. Si cet incident a fait tant d'histoires, c'était parceque c'était un... Complot !

- Vraiment ? demanda Adüstyo, une pointe d'amusement dans la voix.

- Absolument ! un complot contre moi, pour gâcher la fête !

- Voyons Marwin, c'est ridicule, qui vous voudrait du mal ? résonna le gardien. Non que vous soyez très aimé, je vous l'accorde, mais au point de monter un évènement d'une telle ampleur pour vous déstabiliser... remarque, si vraiment c'était le cas, ça marche.

- C'EST CA, MOQUEZ-VOUS, NEGRO D'ELFE ! explosa Marwin, tirant sur le violet. VOUS PORTEZ DU SANG DÉMONIAQUE DANS VOS VEINES, JE VOUS MÉPRISE, JE...

Le petit ministre ne put aller plus loin dans sa phrase, interrompu par un poing brun qui alla s'écraser contre sa tempe. déboussolé, il tomba à la renverse sur le tapis pourpre du bureau du Gardien, et perdit par la même occasion son teint cramoisi. Ses deux petits yeux porquins regardaient Adüstyo avec un mélange de mépris et de terreur. Celui-ci se tenait de toute sa hauteur devant l'homme, les mâchoires serrées, les sourcils froncés, furieux.
Il attrapa Marwin par le cos et le souleva à sa hauteur. Ses pieds se balancèrent alors dans le vide, comme ceux d'un enfant assis sur une chaise trop haute.

- Je vous conseille de la fermer, sale petit rat insignifiant, de toute façon je crie plus fort que vous. Mainteant vous allez m'écouter. Vous êtes un déchet de la société. Une menance pour nous tous. Vous tapez sur les nerfs de votre monde, mais là, c'est trop. Vous avez dépacé les bornes, vous comprenez ? Stop. Fini. Niette. Vous allez partir de ce bureau et ne plus jamais y remettre les pieds. Et vous me ferez aussi le plaisir de ne plus amener votre sale tête à la chambre pourpre. Et vous allez mettre tout cela en oeuvre... Maintenant.

Marwin fusa à travers la pièce et alla finir sa course dans la porte en chêne massif qui céda sous le choc. adüstryp se massa le poignet et fit volte-face, un air de mépris sur le visage. Dès qu'il se fut remis du choc, marwin détala le plus vite qu'il put, sans demander son reste.

Adüstyo se laissa retomber sur sa chaise. Il avait frappé son ministre si fort qu'il en avait mal aux doigts. Il se prit la tête dans les mains et soupira, exténué, dépassé, perdu. Comment pouvait-il encore y avoir des personnes comme ça sur cette terre ? C'était impossible à concevoir, pour lui le Gardien, lui qui se tuait pour son peuple, lui qui avait versé son sang pour la révolution, la démocratie, la liberté... Tant d'intolérance gratuite, d'ingratitude ! Il est était dégoûté.
Il était si fatigué... Le manque de sommeil n'arrangeait pas son humeur.

Dans son énèrvement, un bruit attira son attention : quelqu'un était rentré dans la pièce. Le bruit dûr des semelles de cette personne l'assurèrent que ce n'était pas Marwin.

- Capricorn, c'est vous ?

- Je ne savais pas que vous travailliez un diamnche matin de si bonne heure, répondit la voix du ministre à l'autre bout de la pièce.

- j'ai travaillé toute la nuit. A cause de l'attaque du pénitencier. En en parlant, pourquoi n'y étiez-vous pas avec le reste des autorités, après l'attentat ? C'est votre boulot, non ? Je vous y ai longtemps attendu.

- C'était un attentat prévu, et donc écrasé comme necessaire. Par conséquent, je n'avais rien à faire là bas, d'autant plus que j'étais occupé, répondit froidement Capricorn.

- Occupé? Ah oui ? Qu'est-ce qui pourrait justifier une telle absence de votre part ? rugit Adüstyo, tapant du poing sur la table.

Capricorn, toujours de sa voix trainante et calme, continua :

- En effet. je travaillais un plan qui me tient paticulièrement à coeur. Vous savez, pour renverser le pouvoir il faut un minimum de temps et d'organisation...

- JE SUIS ENTOURÉ D'UNE BANDE D'INCAPABLES ! hurla Adüstyo. DÉGAGEZ-MOI LE PLANCHER AVANT QUE JE DISSOUDE LA CHAMBRE POURPRE !

- Vous n'avez pas prêté la moindre attention à ma phrase précédente.

Le Gardien s'interrompit. Son ministre était bizarre. Encore plus étrange qu'à l'accoutumée. Mais plus que tout, ila vait entendu le bruit du glissement du métal. Une dague. Trente-cinq centimètres en argent, et parfaitement aiguisée.
Poussé par un incoyable réflexe, Adüstyo bondit derrière son fauteuil, une fraction de seconde avant que l'arme ne s'enfonce dans le dossier.

- Vous connaissez votre problème, Adüstyo ? Vous êtes faible. Trop faible. Vous êtes un danger pour nous tous, pour la communauté humano-elfique de Twotf... Vous ne pouvez pas gouverner, très cher... vous ne savez pas gouverner ! Twotf doit être dirigée d'une main de fer. Vous savez ce que ça veut dire ? Vous devez mourir. Il est inutile de fuir. Un corps armé de millice encercle le temple.

- Tout était prévu depuis bien longtemps, n'est-ce pas ?...

- Oui, c'est exact. vous ne pouvez plus vous en sortir, à présent.

Caché derrière le bureau, Adüstyo réfléchissait à cent à l'heure. Capricorn s'était déja emparé du pouvoir, il avait un soutient militaire inestimable, grâce auquel il pouvait tenir à sa botte tous les ministres et les sénateurs. Il n'y avait aucune alternative, mais malgré tout une certitude : il fallait rester en vie. Mais comment ? Il n'avait d'autre atout que son ouie, il ne pouvait même pas savoir si à ce moment là il était dans le champ de vision de son ennemi. Son épée était bien rangée dans un fourreau d'argent... à l'armurerie. Aucunmoyen d'attaque, ni de défense. Juste ses jambes pour courir à l'aveuglette. Mais pour aller où ?
Plus le temps de réfléchir. Déja il ententait les pas de Capricorn tout près de lui, à gauche. Il attrapa à tâtons son coupe-papier et le lança en direction du bruit avant de bondir hors de sa cachette. Il entendit un gémissement, et, alors qu'il passait la porte, Capricorn hurla : "GARDES ! RATTRAPEZ LE GARDIEN !"

Les pas d'Adüstyo se répercuttaient contre les dalles de marbre du grand couloir. Il envisageait de fuir en passant par un passage secret souterrain. Un réseau de tunnels vieux comme le monde courraient dans tout Twotf, et il connaissait une sortie non loin du champ de bataille de Pyrathia. Pyrathia était sa seule chance : là bas il serait protéger par l'anarchie, et la milice n'irait pas l'y chercher.
Derrière lui, il entendait les pas des agents de sécurité, et la voix de Capricorn qui luic riait de s'arrêter. Il les semait. Il avait toujours eu une force hors du commun, ce qui lui avait valu d'être un bon élément de l'ordre de Crystal, puis des Cygnes Rouges, les services secrets twotfiens, avant la révolution.
Adüstyo comptait aproximativement les mètres. le passage était tout proche. sa main s'arrêta sur une très ancienne poignée. Il ne restait plus qu'à la tourner, et il était à l'abri. Alors qu'il s'y apprêtait, une douleur inouie lui transperça l'épaule. Il s'affaissa sur lui même. Non... il ne devait pas. Pas mainteant. Sa main enclancha la poignée de la porte, et il se laissa basculer dans un escalier de pierres anciennes. S'arrêtant par la force des choses en bas des marches, il souleva une trappe prèsque invisible et se laissa tomber dans le vieux souterrain, laissant claquer l'ouverture derrière lui. A présent, il était à l'abri. Mais il devait faire vite, avant que les gardes ne trouvent la trappe et puissent le filer.
Il y avait dix-huit kilomètres entre lui et le début de Pyrathia. Alors, se relevant tant bien que mal et prenant appui sur le mur suintant, il se mit en marche vers ce qui avait été son pire cauchemar en tant que Gardien.

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