CHAPITRE XII_ Invasion.
Une pendule en bronze massif de l’époque de Crystal valsa à travers toute la pièce et alla finir contre le mur d’en face, marquant ses contours dans la pierre, sous l’œil terrorisé de la pauvre secrétaire, qui déglutit difficilement.
- Dites-moi que c’est une blague ! Dites-le moi, où je vais tout détruire !
- Euuh… C’est une blague !…
Capricorn, furieux, shoota dans le grand vase qui se trouvait à côté de la cheminée, et celui-ci se brisa en touchant le sol, déversant du terreau et des morceaux de palmier par terre. Il hurla, donna un coup de pied dans son bureau, et finit par se laisser tomber dans le fauteuil, attrapant ses cheveux immaculés par touffes entières entre ses mains osseuses.
Non, non, ce n’était pas possible… Il était maudit ! Il n’y croyait pas…
- Donc, si je récapitule, commença-t-il, détachant chaque syllabes pour ne pas exploser à nouveau dans un accès de furie, vous affirmez qu’un groupe de Drows armés est prêt à envahir Twotf par Pyrathia ?
- Eh bien, selon les espions, ce serait plus précisément une armée de Drows qui se serait établie dans le désert rouge, afin, en effet, d’envahir Twotf, rectifia la secrétaire, la voix tremblante.
- J’y crois pas… J’y crois pas ! hurla Capricorn, frappant si fort sur son bureau de chêne massif qu’on put entendre le bois se craqueler. On est blindés sur toutes les côtes, prêts à cueillir ces couillons, et on nous envahit par l’Ouest !
- Ils ne nous ont pas encore envahi…
- Je veux Marwin dans mon bureau dans moins de cinq minutes.
- Mais Monsieur ! Le ministre Marwin est en congé, il n’est pas joignable au ministère !
- Dégagez, et démerdez-vous ! lança Capricorn, attrapant le coupe-papier, et le brandissant au dessus de lui.
La pauvre secrétaire s’empressa de sortir, au bard des larmes, alors que le couteau d’argent allait se planter dans la porte à l’endroit où elle se trouvait quelques secondes auparavant.
Capricorn soupira longuement, s’affaissant dans son fauteuil. De quelle force disposait-il ? Environ deux cents hommes dans la milice pour les rues de Carlotta, presque cinq cents pour les patrouilles chargées de Pyrathia, cinq cents aussi pour le reste du pays. Cela faisait mille deux cents hommes. En comptant les brigades spéciales et les élites, à peine mille cinq cents. Mais eux, les Drows, de quelle force disposaient-ils ? Il fallait le savoir à tout prix. Marwin devait s’en occuper, c’était son boulot, ça, les « relations inter mondes ». Et il fallait demander à prendre contact avec l’ennemi. Pour parlementer. Gagner du temps. Il n’avait pas encore la population de Carlotta dans sa poche que les ennuis commençaient… Plus que tout, il fallait cacher cette vérité au peuple. Personne ne devait savoir quelle force était amassée à l’Ouest, dans le désert rouge. Il fallait que plus personne ne rentre ni ne sorte de Carlotta, dorénavant. Personne qui pût propager cette nouvelle. Il se devait de mener cette populasse d’une main de fer. C’était lui le maître, à présent.
- Salut, le maître ! résonna une voix moqueuse, à l’autre bout de la pièce.
Capricorn sursauta. Il détestait sursauter. Il détestait les gens qui rentraient sans frapper. Il détestait qu’on le dérange en pleine réflexion ! Et plus que tout, il détestait les démons.
- Fous moi le camp, Kaos, ordonna-t-il, fixant le grand homme de ses deux yeux différents.
Le sénateur Kaos s’approcha tranquillement. C’était un démon assez beau, grand, mais une tête à claque, un personnage odieux et macho. Sans doute ces traits de caractère liaient ces deux personnages, mais rien d’autre.
-Eh bien… Tu montes en grade, Caprette ! constata-t-il d’un air moqueur, regardant la vue par la fenêtre avant de fouiller la pièce du regard avec un air de connaisseur
- Dégage tout de suite, Kaos, répéta Capricorn, les yeux luisants, serrant le poing.
- C’est le début des emmerdes, pas vrai ? continua le démon d’un air moqueur. Mais calme-toi donc, voyons ! Ah, voilà, les humains sont toujours trop… emportés !… Discutons donc d’homme à homme, hein ?
Sans se gêner, il prit une chaise et s’assit à califourchon dessus, sans quitter le tyran des yeux. Là, Kaos avait deux choix. Soit il fermait la porte en un éclair, il sautait sur l’albinos, et il lui faisait avaler une fiole de son sang, et il ne restait qu’à lui ordonner de lui laisser le pouvoir, l’autre n’aurait rien pu faire…Soit il discutait un instant pour obtenir des faveurs… Il avait croisé pas mal de gardes à l’entrée. Il pouvait toujours accomplir son forfait et sauter par la fenêtre, il se ferait sûrement transpercer par les flèches des soldats en bas. Alors… Pour une fois il allait préférer la communication. Même si ça allait lui en coûter.
- Alors… On a comme qui dirait des problèmes, hein ? Dans le caca jusqu’au cou ? demanda le démon, un sourire carnassier sur les lèvres.
- Tu veux que je répète ma phrase précédente ?
- Hum, c’est une grave erreur que tu ferais, en me renvoyant… N’oublie pas que je suis le seul contact que le gouvernement a avec les démons, Caperoquet ! répondit Kaos avec un air amusé. Si tu me laisses m’occuper de cette affaire… gênante, disons, personne n’en saura rien, et tout sera réglé bien avant que tu n’aies pu sentir les rumeurs monter !
- Tu sais où tu peux aller te la foutre, ton aide, balafré de mes deux ?
Capricorn s’était levé et faisait à présent face à Kaos. Le démon se redressa à son tour. Il le dépassait d’une tête, cet humain débile… Rien qu’à voir sa face blafarde, il l’imaginait déjà embroché en haut d’un piquet, les tripes autour du cou. Mais il fallait se retenir. Cet abrutit allait lui être utile. En fait, il valait mieux que ce soit lui le responsable de toutes les défaites qui allaient venir…
Un air de profonde haine sur le visage, Capricorn plissa les yeux et siffla :
- Une putain de malchance que de la vermine comme toi soit encore là… T’es aveugle comme l’autre blaireau d’Adüstyo, ou tu sais pas lire, Kaos ? Maintenant les démons ont plus le droit de vivre, vieux…Vas te faire déchiqueter la face ailleurs.
Alors que Kaos allait attraper l’albinos par le cou soit pour l’éclater sontre un mur, soit pour lui enfoncer de force une fiole de sang dans le gosier, une petite voix se fit entendre sur le pas de la porte.
- Monsieur Capricorn, Marwin est arrivé. Monsieur ?… Vous avec des problèmes ?
- Nenni, ma belle ! Chavroux et moi, on papotait ! D’ailleurs, j’ai un rendez-vous, j’allais partir ! déclara Kaos avec un sourire que trahissaient ses yeux flamboyants.
Jetant un dernier regard méprisant à Capricorn, il sortit sans faire d’histoires, sous l’air effaré de la secrétaire, qui ne trouva rien d’autre à dire, et bredouilla des excuses avant de disparaître à son tour, laissant Marwin dans la pièce, seul à seul avec Capricorn.
Le silence retomba.
- Tu as une bonne raison pour me faire déplacer alors que je suis en congé ? demanda la voix détestable du petit homme blond, qui commençait à s’agiter sur place.
Capricorn ricana.
- A qui tu veux faire croire que tu étais tranquillement en congé ? Je parierais ma mère que tu étais fourré entre les cuisses d’une elfe de bonne qualité sur un des sofas du « Crépuscule » à Carlotta Nord… Assieds toi.
Le ministre replaça la chaise sur laquelle Kaos s’était assis, et y posa à son tour son imposant postérieur, lançant un regard noir à Capricorn. Il était encore tout décoiffé et sa chemise froissée était mal reboutonnée.
Le tyran s’assit à son tour, et expliqua la situation :
- Pendant que tu te payais du bon temps, on a reçu la nouvelle qu’une armée avait fait son camp aux portes de Pyrathia. Des Drows. C’est encore un peu des Elfes, on peut s’entendre avec eux. Je veux que tu t’occupes du dialogue et que tu me transmettes approximativement combien ils sont. Et surtout… il ne faut pas qu’une seule âme à Carlotta soit au courant de cette affaire. Tu m’as compris ?
Marwin hocha la tête.
Il n’y avait rien d’autre à ajouter, on ne discutait pas avec Capricorn.
Sortant de la pièce, il songea à la belle rousse qu’il avait dû laisser au « Crépuscule ». Comment l’autre l’avait-il su ?
- Dites-moi que c’est une blague ! Dites-le moi, où je vais tout détruire !
- Euuh… C’est une blague !…
Capricorn, furieux, shoota dans le grand vase qui se trouvait à côté de la cheminée, et celui-ci se brisa en touchant le sol, déversant du terreau et des morceaux de palmier par terre. Il hurla, donna un coup de pied dans son bureau, et finit par se laisser tomber dans le fauteuil, attrapant ses cheveux immaculés par touffes entières entre ses mains osseuses.
Non, non, ce n’était pas possible… Il était maudit ! Il n’y croyait pas…
- Donc, si je récapitule, commença-t-il, détachant chaque syllabes pour ne pas exploser à nouveau dans un accès de furie, vous affirmez qu’un groupe de Drows armés est prêt à envahir Twotf par Pyrathia ?
- Eh bien, selon les espions, ce serait plus précisément une armée de Drows qui se serait établie dans le désert rouge, afin, en effet, d’envahir Twotf, rectifia la secrétaire, la voix tremblante.
- J’y crois pas… J’y crois pas ! hurla Capricorn, frappant si fort sur son bureau de chêne massif qu’on put entendre le bois se craqueler. On est blindés sur toutes les côtes, prêts à cueillir ces couillons, et on nous envahit par l’Ouest !
- Ils ne nous ont pas encore envahi…
- Je veux Marwin dans mon bureau dans moins de cinq minutes.
- Mais Monsieur ! Le ministre Marwin est en congé, il n’est pas joignable au ministère !
- Dégagez, et démerdez-vous ! lança Capricorn, attrapant le coupe-papier, et le brandissant au dessus de lui.
La pauvre secrétaire s’empressa de sortir, au bard des larmes, alors que le couteau d’argent allait se planter dans la porte à l’endroit où elle se trouvait quelques secondes auparavant.
Capricorn soupira longuement, s’affaissant dans son fauteuil. De quelle force disposait-il ? Environ deux cents hommes dans la milice pour les rues de Carlotta, presque cinq cents pour les patrouilles chargées de Pyrathia, cinq cents aussi pour le reste du pays. Cela faisait mille deux cents hommes. En comptant les brigades spéciales et les élites, à peine mille cinq cents. Mais eux, les Drows, de quelle force disposaient-ils ? Il fallait le savoir à tout prix. Marwin devait s’en occuper, c’était son boulot, ça, les « relations inter mondes ». Et il fallait demander à prendre contact avec l’ennemi. Pour parlementer. Gagner du temps. Il n’avait pas encore la population de Carlotta dans sa poche que les ennuis commençaient… Plus que tout, il fallait cacher cette vérité au peuple. Personne ne devait savoir quelle force était amassée à l’Ouest, dans le désert rouge. Il fallait que plus personne ne rentre ni ne sorte de Carlotta, dorénavant. Personne qui pût propager cette nouvelle. Il se devait de mener cette populasse d’une main de fer. C’était lui le maître, à présent.
- Salut, le maître ! résonna une voix moqueuse, à l’autre bout de la pièce.
Capricorn sursauta. Il détestait sursauter. Il détestait les gens qui rentraient sans frapper. Il détestait qu’on le dérange en pleine réflexion ! Et plus que tout, il détestait les démons.
- Fous moi le camp, Kaos, ordonna-t-il, fixant le grand homme de ses deux yeux différents.
Le sénateur Kaos s’approcha tranquillement. C’était un démon assez beau, grand, mais une tête à claque, un personnage odieux et macho. Sans doute ces traits de caractère liaient ces deux personnages, mais rien d’autre.
-Eh bien… Tu montes en grade, Caprette ! constata-t-il d’un air moqueur, regardant la vue par la fenêtre avant de fouiller la pièce du regard avec un air de connaisseur
- Dégage tout de suite, Kaos, répéta Capricorn, les yeux luisants, serrant le poing.
- C’est le début des emmerdes, pas vrai ? continua le démon d’un air moqueur. Mais calme-toi donc, voyons ! Ah, voilà, les humains sont toujours trop… emportés !… Discutons donc d’homme à homme, hein ?
Sans se gêner, il prit une chaise et s’assit à califourchon dessus, sans quitter le tyran des yeux. Là, Kaos avait deux choix. Soit il fermait la porte en un éclair, il sautait sur l’albinos, et il lui faisait avaler une fiole de son sang, et il ne restait qu’à lui ordonner de lui laisser le pouvoir, l’autre n’aurait rien pu faire…Soit il discutait un instant pour obtenir des faveurs… Il avait croisé pas mal de gardes à l’entrée. Il pouvait toujours accomplir son forfait et sauter par la fenêtre, il se ferait sûrement transpercer par les flèches des soldats en bas. Alors… Pour une fois il allait préférer la communication. Même si ça allait lui en coûter.
- Alors… On a comme qui dirait des problèmes, hein ? Dans le caca jusqu’au cou ? demanda le démon, un sourire carnassier sur les lèvres.
- Tu veux que je répète ma phrase précédente ?
- Hum, c’est une grave erreur que tu ferais, en me renvoyant… N’oublie pas que je suis le seul contact que le gouvernement a avec les démons, Caperoquet ! répondit Kaos avec un air amusé. Si tu me laisses m’occuper de cette affaire… gênante, disons, personne n’en saura rien, et tout sera réglé bien avant que tu n’aies pu sentir les rumeurs monter !
- Tu sais où tu peux aller te la foutre, ton aide, balafré de mes deux ?
Capricorn s’était levé et faisait à présent face à Kaos. Le démon se redressa à son tour. Il le dépassait d’une tête, cet humain débile… Rien qu’à voir sa face blafarde, il l’imaginait déjà embroché en haut d’un piquet, les tripes autour du cou. Mais il fallait se retenir. Cet abrutit allait lui être utile. En fait, il valait mieux que ce soit lui le responsable de toutes les défaites qui allaient venir…
Un air de profonde haine sur le visage, Capricorn plissa les yeux et siffla :
- Une putain de malchance que de la vermine comme toi soit encore là… T’es aveugle comme l’autre blaireau d’Adüstyo, ou tu sais pas lire, Kaos ? Maintenant les démons ont plus le droit de vivre, vieux…Vas te faire déchiqueter la face ailleurs.
Alors que Kaos allait attraper l’albinos par le cou soit pour l’éclater sontre un mur, soit pour lui enfoncer de force une fiole de sang dans le gosier, une petite voix se fit entendre sur le pas de la porte.
- Monsieur Capricorn, Marwin est arrivé. Monsieur ?… Vous avec des problèmes ?
- Nenni, ma belle ! Chavroux et moi, on papotait ! D’ailleurs, j’ai un rendez-vous, j’allais partir ! déclara Kaos avec un sourire que trahissaient ses yeux flamboyants.
Jetant un dernier regard méprisant à Capricorn, il sortit sans faire d’histoires, sous l’air effaré de la secrétaire, qui ne trouva rien d’autre à dire, et bredouilla des excuses avant de disparaître à son tour, laissant Marwin dans la pièce, seul à seul avec Capricorn.
Le silence retomba.
- Tu as une bonne raison pour me faire déplacer alors que je suis en congé ? demanda la voix détestable du petit homme blond, qui commençait à s’agiter sur place.
Capricorn ricana.
- A qui tu veux faire croire que tu étais tranquillement en congé ? Je parierais ma mère que tu étais fourré entre les cuisses d’une elfe de bonne qualité sur un des sofas du « Crépuscule » à Carlotta Nord… Assieds toi.
Le ministre replaça la chaise sur laquelle Kaos s’était assis, et y posa à son tour son imposant postérieur, lançant un regard noir à Capricorn. Il était encore tout décoiffé et sa chemise froissée était mal reboutonnée.
Le tyran s’assit à son tour, et expliqua la situation :
- Pendant que tu te payais du bon temps, on a reçu la nouvelle qu’une armée avait fait son camp aux portes de Pyrathia. Des Drows. C’est encore un peu des Elfes, on peut s’entendre avec eux. Je veux que tu t’occupes du dialogue et que tu me transmettes approximativement combien ils sont. Et surtout… il ne faut pas qu’une seule âme à Carlotta soit au courant de cette affaire. Tu m’as compris ?
Marwin hocha la tête.
Il n’y avait rien d’autre à ajouter, on ne discutait pas avec Capricorn.
Sortant de la pièce, il songea à la belle rousse qu’il avait dû laisser au « Crépuscule ». Comment l’autre l’avait-il su ?

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