Thursday, June 30, 2005

CHAPITRE V Que la fête commence !

Un léger vent frais s'était levé, et faisait danser les lumignions accrochés aux guirlandes en travers des rues. En ce soir, samedi, la grande Carlotta brillait de mille feux sous toutes ses parures : on l'avait faire belle pour la célébration du jour de la révolution de Twotf d'automne 309. La millice de combat avait paradé pendant l'après midi, puis les cérémonies officielles s'étaient éclipsés au crépuscule pour laisser place aux festivités. Les enfants couraient dans les rues, savourant leur soir de liberté, tandis que les adultes dansaient au rythme de l'orchestre de la plce, ou se désaltéraient à la buvette. La tension et le sentiment d'insécurité s'étaient évaporés des coeurs : aucun démon à l'horizon, la soirée était heureuse, et chacun voulait qu'elle ne finît jamais.

- Rhah, cette fête est nulle, nulle, NULLE !

- Voyons, Marwin, ne soyez pas si prompt à juger les choses. Les gens s'amusent et je pense que c'est la le principal ! répondit Adüstyo, tout sourire, en repoussant la main d'un bambin qui faisait les poches de son long manteau.

- Mais enfin, regardez-donc un peu autour de vous, Adüstyo ! pesta marwin, faisant vibrer le gras de son manton. Tout est raté, les couleurs de l'orchestre jurent avec le costume officiel de la millice, et il est clair que la buvette ne fera aucun chiffre d'affaire !

- Eh bien, je serais véritablement heureux de pouvoir compatir à la souffrance de vos yeux, mais je pense, hélas, en être tout à fait incapable, répondit le gardien d'une voix calme. Mais participons-donc à l'effort général : je vous invite à cette buvette.

Tout penaud, Marwin suivit Adüstyo vers le petit bar en plein air. Le gardien semblait heureux, ce soir là, à l'image de son peuple qu'il chérissait plus que tout. Il serrait des mains à la pelle, souriant, promettant tout ce qu'il pouvait promettre, prenant les nourissons dans ses bras. Il était admiré par tous ces gens. Son courage non entammé par les années était connu, et chacun était impressionné de son autonomie par rapport à la cécité qui le frappait. En quatre ans, il avait réussi à consolider l'ouvrage de son prédécesseur, le tout premier Gardien de twotf après la révolution et qui avait organisé la nouvelle démocratie pendant ses trois mandats consécutifs qui avaient abouti à son déces. Alors l'étrance elfe noir avait pris le relais, et avait fait voter de nouvelles lois telles que la non-admission des anges et des démons à Carlotta, comme le peuple le souhaitait, et l'adoption de la règle anti-pouvoirs. Il était en ce jour, au sommet de sa popularité, malgré le déclin de la sympathie envers le gouvernement, suite aux attentats perpétrés ces derniers mois.

- Ca alors, Monsieur Adüstyo ! Pour sûr je ne m'attendais pas à vous voir par chez moi !

- Bonsoir, Maestro. Comment vont les affaires ?

- Ma foi, pas trop mal, pas trop mal...

Marwin et Adüstyo avaient pris place au bar de la buvette, qui dépendait du "Dragon Brûlé", la plus connue des auberges de Twotf, mais aussi la plus ancienne, puisqu'elle avait été fondée dès l'an deux après la grande Guerre, sur la demande de la toute première pricesse : Crystal. Depuis cette époque, maestro avait été le tenacier et avait fait en sorte que son échoppe traverse les âges. Il était un drôle de personnage. pour commencer, c'était un nain, ce qui était peu commun à twotf, surtout pour quelqu'un de tant apprécié. Son visage barbu était en permanence illuminé d'un sourire, ses yeux pétillaient, cachés sous la broussaille de ses épais sourcils bruns. Il était poli et respectueux, jovial, mais par ailleurs extrêment peureux, et pas courageux du tout, il avait la réputation de perdre son sang froid dans les situations critiques.

- Figurez-vous que je viens d'entammer le troisième tonneau de bière ! Et comme vous pouvez le voir, il n'est à peine que onze heures. J'ai bon espoir ! Vous prendrez bien une petite chopine ? C'est la meilleure de twotf !

Adüstyo soupira avant de répondre d'une voix remplie de regrets :

- J'aurais volontiers fait un sort à votre bierre, qui, je le crois, doit réellement être succulente, mais mes fonctions me somment de rester sobre. N'avez-vous pas simplement... des infusions de menthe ?

- Et pour moi ça sera un verre d'hydromel, ordonna le voix stridente de Marwin.

- Bien sûr ! Une infusion à la menthe et un verre d'hydromel, répéta maestro.

Le nain essuya ses mains hirsutes sur un tablier crasseux et disparut un instant derrière le bar avant de réapparaître, un grand verre d'hydromel à la main.
Il se gratta le crâne et confia à Marwin :

- Oh, je sais ce que vous allez dire ! Cet hydromel n'est pas le meilleur que vous ayez jamais goûté. Vous ne serez pas le premier ! Beaucoup de personnes m'avouent qu'ils se souviennent d'un inoubliable, à Pyrathia, je crois. Une auberge au moins aussi ancienne que la mienne, figurez vous ! Le "laid très beau" ou quelque chose comme ça. la démonne qui la tenait a fermé il y a une dixaine d'années, juste après la révolution et les premières mesures de votre prédécesseur, Adüstyo. Quel gâchi ! Un si précieux secret tombé aux oubliettes !

- Les démons sont des créatures du mal, ils sont pourris jusqu'à la moelle, et personne ne pourra rien y changer ! marmona Marwin.

- Vous ne devriez pas dire ça, très cher, répondit Adüstyo en prenant précaucieneusement la tasse brûlante que lui tendait Maestro. Peut-être qu'un jour eux aussi auront l'occasion de prouver leur valeur.



*


- Tu m'expliques encore une fois pourquoi pendant une fête et de nuit, qui plus est ? demanda Mystic d'une voix qui trahissait son énèrvement.

- Ca me parrait évident ! Pendant la fête, toute la millice est concentrée dans les rues de Carlotta. Donc il n'y a personne à la banlieue. Donc on risque rien. Et l'obscurité nous couvre.

Les deux jeunes femmes angéliques étaient assises sur un python rocheux surplombant le pénitencier de twotf, aussi appelé "la fosse" à cause du nombre infime de personnes y étant sorties en vie, et qui avaient décrit l'endroit comme une tombe géante. Saraka savait que c'était là que laar se trouvait.
Elle vérifia une dernière fois les envions et se leva, étirant derrière son dos ses longues ailes blanches.

- Eh bien c'est l'heure.

Elle n'était pas très grande, mais plutôt pulpeuse. Ses cheveux châtains mi-longs tombaient négligemment sur son visage, où deux yeux entre le bleu, le gris et le vert pétillaient. L'archange était le leader de son clan à Pyrathia. Elle avait préssentit que Laar avait un problème, dès le moment où, à deux heures du matin deux jours auparavant, il ne s'était pas présenté à la planque. Il ne lui fallut pas attendre longtemps pour trouver des nouvelles du démon dans le Gazette de Twotf : transféré à la fosse. Dans quel état allait-elle le retrouver, là bas ? Rien que d'y penser était douloureux.

- je suis persuadée qu'il va bien, déclara Mystic, comme si elle avait pu lire dans les pensées de Saraka.

Mystic était une grande ange, mince et élancée, avec la peau pâle et de longs cheveux de couleur changeante, mais pas moins sombre et mystérieuse. Elle partageait avec Saraka le faitd 'avoir été déchue, et rares étaient ceux qui connaissaient son lourd passé.
Sans répondre, l'archange inspira un bon coup, sortit son arc et le banda sans que son bras ne tremblât.

- Tu te souviens du plan ? demanda celle-ci.

- Oui : tu t'occupes des gardes et tu me couvres pendant que je vais chercher Laar, répéta Mystic d'une voix morne, en laissant apparaître l'évidence qu'elle n'éatait pas satisfaite de son rôle.

- Parfait.

La flèche siffla, et, à deux cents mètres de là, un homme en armure s'écroula près de la porte d'acier du pénitencier. Mystic s'envolla tandis que le deuxième garde tombé, victime d'une nouvelle flèche de Saraka. la nuit était silencieuse. Rien ne bougeait à l'horizon. l'obscurité totale masquait les pics rocheux de la vallée Ouest, et quelque chose dans l'air suffocant laisser présager de mauvais évènements.
Saraka lança une dernière flèche avant de sortir à découvert pour s'avancer sur la lande qui entourait le pénitencier. Elle regarda un instant la mince silhouette de Mystic qui volait au dessus de sa tête, et commença sa course.
Elle courrut juqu'à un gros rocher au centre de la plaine, et fit une pause pour reprendre son souffle. C'était le moment où jamais pour couvrir Mystic et mettre en oeuvre la diversion. le moment de vérité... Elle bondit sur le haut de rocher, fléchit le genoux et ferma les yeux, les paumes ouvertes vers le ciel. Une boule de lumière se formait au dessus de ses doigts crispés.
Alors elle ouvrit les yeux et c'est là qu'elle les vit.
Des dixaines.
Une centaine.
Tous là, un sourire sadique gravé dans le visage, tous en armure, l'épée à la main et le regard brillant, tous éclairés par la boule de Saraka. Des tuniques pourpres sous des cuirasses d'acier au sceau de Twotf.

"Eh merde."

Si il n'y avait pas une rue à Carlotta qui ne fût pas surveillée, c'était bien là qu'était postée le gros de la millice : à quelques centaines de mètres de Saraka, attendant un mouvement, un ordre. Ce fut la longue plainte d'un cor qui sortit l'archange de son inertie : les troupes s'étaient élancées à son encontre, il fallait réagir, et au plus vite. Sans réfléchir, elle se lava de toute sa hauteur, prit un pas d'élan, fléchit le bras, et la pshère de lumière fusa comme une commète sur l'armée devant elle. Au contact de la terre, la boule explosa, arrachant ainsi des mottes titanesques et propulsant des hommes en lambeaux un peu partour, tandis qu'une pluie de chair tombait sur la plaine. Alors Saraka sentit sur elle des dixaines et des dixaines de regards, et un torrent de haine déferla sur elle. Elle vit ces hommes devant elle recommencer leur course dans un hurlement de rage. Elle vit son arc sur le sol à quelques mètres d'elle. Elle entendit la porte d'acier se refermer doucement, au pénitencier. Comme une débutante, elle s'était laissée avoir. ce plan était tellement simple, il allait tellement de soi qu'elle n'avait de toute évidence pas été la seule à y penser. un guet-apens. Un stupide piège. Mais c'était trop tard : elle étaits eule à présent. seule livre à elle même. Tout comme Mystic, mais elle, avait encore une chance de s'en sortir, et elle allait la défendre jusqu'au bout parcequ'il fallait qu'elle réussisse. Si elle même n'avait pas cette chance, il fallait qu'elle préserve celle de Laar et Mystic.

L'archange fronça les sourcils

"le sort en est jeté..."

A plusieurs dixaines de kilomètres de là, Adüstyo qui venait de se brûler les lèves avec son infusion de menthe, ne put pas remarquer les éclats blancs qui illuminaient le ciel d'encre. Seul Capricorn savait que sur la plaine, une femme affrontait cent guerriers.

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