CHAPITRE III_ Génocide Organisé.
Le soleil n'était pas encore levé sur Carlotta, et c'était un de ces matins d'automne où la ville se recouvrait de son manteau gris, tout ensommeillée dans sa froide torpeur. Le regard vide de la succube de granit adossée à la fontaine, qui jamais n'avait fait couler d'eau aussi loin que remontent les écritures, était pointé vers le ciel pleurnichard, et son corps couvert de rosée fumait doucement dans le froid prenant du matin. Chose étrange, cette statue avait toujours quelque chose de chaud, même pendant les gelées les plus glacées, et portait bien son ancien nom de "fontaine de feu".
Malgré la bonne heure, la place du centre grouillait de personnes en tout genre qui s'affairaient autour d'un désordre innommable.des chaises et tes tables en bois jonchaient partout, brisées sur le sol, et de nombreuses calèches peintes aux couleurs bleue et blanche de l'hôpital ramassaient une foule de blessés graves et de morts depuis le milieu de la nuit. Des cordons de sécurité étaient tendus autour d'une zone complètement calcinée devant les marches du temple où siégeait la Chambre Pourpre. Deux personnes étaient debout devant cette zone interdite, visiblement un homme et une femme.
L'homme était grand et squelettique, un albinos aux yeux vérins, assez inquiétant avec son costume noir et son haut-de-forme impeccable : Capricorn, le ministre délégué à la sécurité intérieure. A ses côtés, tout emmitouflée dans une cape fourrée beige, se tenait une jeune femme aux longs cheveux bleus, le regard dans le vide et frissonnante de froid. C'était Océane, ministre de la santé et co-directrice de l'hôpital Crystal, récemment rénové et encore plus performant.
Une calèche tirée par des chevaux blancs s'arrêta devant les deux personnes, et en sortit un Adüstyo pressé qui tendit l'oreille un instant l'air déboussolé, avant de se diriger vers Capricorn et Océane. Il les salua.
- Pardonnez-moi d'être en retard, j'avais une affaire des plus importantes à régler avec le ministère culturel pour l'organisation de la fête de samedi. Marwin est un rascal !
Il s'interrompit un instant avant de continuer, plus gravement :
- C'est un nouvel attentat ?
Capricorn hocha la tête.
- j'en ai bien peur, répondit-il d'une voix traînante. En tout cas, ça devait l'être.Ils emble que la bombe n'aie pas atteint sa cible, heureusement pour nous, car les dégâts qu'elle aurait pu causer au temple auraient été irréparables.
- Mais la bombe a tout de même fait des ravages, expliqua Océane, la voix un peu étouffée par le col de fourrure de sa cape. On compte dix morts et trente-cinq blessés grave. Des clients du restaurant des Lucioles qui dînaient en terrasse. Nous sommes débordés...
- D'après les témoins oculaires, continua Capricorn, l'attentat s'est produit aux alentours de la première heure de la soirée. Mes hommes sont en train d'interroger les personnes capables de parler, pour en savoir plus.
- Oh, Adüstyo, dites-lui de cesser cela ! Tout le monde est bouleversé, les gens ont besoin de soins, pas d'être ainsi agressés !
Capricorn lança un regard noir à Océane, qu'Adüstyo ne put saisir. Mais le Gardien sentait bien l'atmosphère tendue et finalement déclara :
- Capricorn, je pense que vous pourrez faire votre interrogatoire à une heure plus avancée du matin... Il ne sert à rien de presser encore plus ces pauvres gens.
Puis il tourna la tête vers l'endroit où la bombe avait explosé, et demanda :
- Qu'y a-t-il, là ?
- C'est l'endroit de l'explosion. On y a retrouvé deux démons.Le plus gros est sérieusement amoché, mais il sera facile de le remettre sur pied pour le faire parler, commenta Capricorn, l'air un peu irrité par sa défaire contre Océane sur la question des témoins. Il y en a un autre, un démon succubique mâle. Il est toujours inconscient, mais il parait en bon état par rapport à son congénère, bien que la rosée a commencé à le brûler.Nous attendons le département spécial de l'hôpital pour évacuer ces deux là. Il faut être prudents, on ne connaît pas encore leurs pouvoir, mais on pense que le petit est un élémentaire feu.
Adüstyo hocha la tête. Cela faisait un souci de plus. Il entendait bien la pagaille qui régnait sur la place, et se demanda s'il n'allait pas annuler la fête nationale du surlendemain. Bien sûr Marwin allait le tuer, mais il songea en frissonnant à ce qui arriverait si une autre bombe de ce type était lancée dans une foule en liesse.
- L'assemblée de ce matin va bientôt commencer, rappela Capricorn, sortant Adüstyo de sa rêverie.
Cette déclaration fut accueillie par des soupirs de mécontentement d'Océane.
- Cette idée est choquante et grotesque ! s'écria celle-ci qui avait dû être mise au courant du projet de vote avant les autres ministres. Je la trouve même inadmissible, si vous voulez tout savoir.
- Mais bien sûr... Vous êtes une femme, Océane, ne l'oubliez jamais ! murmura Capricorn, un rictus sur les lèvres.
Océane eut un air outré, et tourna les talons avant de repartir vers les ambulances. Cette espèce de sale humain était décidément des plus odieux !
Adüstyo resta muet quelques instants, puis soupira.
- Il faudrait que vous pensiez plus souvent à maîtriser votre langage, Capricorn, conseilla-t-il à celui-ci avant de ce diriger calmement vers les marches du temple restées intactes pour se rendre à ce nouveau conseil de la Chambre Pourpre.
Capricorn leva les yeux au ciel et escalada à son tour les marches blanches, contournant soigneusement l'endroit où gisaient les deux démons.Il jeta un bref regard de dégoût au visage du plus petit, recouvert par des mèches brunes collées à sa peau par la délicate rosée, qui avait sur lui un effet dévastateur.
*
Adüstyo était assis dans sa loge et avait commencé à réfléchir à son discours quand au problème posé, à savoir : « comment faire en sorte que les démons arrêtent leur actes terroristes ? ». Mais apparemment, pour certain, il aurait plutôt été : « comment faire en sorte que les démons arrêtent de vivre ? ». Pendant ce temps là, la Chambre Pourpre avait commencé à se remplir.
C’était un endroit assez singulier. Un large emphithéâtre de près de cinquante mètres de diamètre occupait les bons trois quarts de cette salle en arc de cercle, aussi vaste qu’une cathédrale. En face de chacun des fauteuils pourpres, moelleux à souhait, se plaçait un petit bureau d’ébène où l’on pouvait poser des documents ou rédiger son intervention. Un total de quatre vingt treize sénateurs de (presque) toutes les races siégeaient en cet endroit. En face, sur le mur opposé, étaient les loges des ministres, comme des petits balcons fixés en hauteur pour que tous les sénateurs puissent voir. Le Gardien trônait quant à lui au centre, dans la loge la plus grande, et un long étendard pourpre marqué du blason de Twotf y était accroché.
Capricorn prit place dans sa loge, à gauche de celle d’Adüsyto, et lança un regard en coin au Gardien qui semblait soucieux, tandis que Marwin, le ministre des affaires culturelles, s’asseyait dans la sienne, cette fois à droite. Peu après arriva Océane qui fit sembalnt de ne pas remarquer l’albinos, suivie de près par un autre petit groupe de ministres qui semblaient en proie à une discussion animée.
« La parole est donnée au Gardien Adüstyo, président de ce trois cent quatre vingt-cinquième conseil. »
Adüstyo sursauta un peu lorsque la voix féminine l’annonça. Il n’avait pas vu le temps passé, et n’avait pas prêté attention aux bruits de la salle, si bien qu’il n’avait pas remarqué que tout le monde était arrivé.
Il se releva précipitamment et se racla la gorge. Il captait à ce moment là tous les regards de l’assemblée, qui s’était tue pour l’écouter. Il prit son inspiration et commença :
- Elfes, Hommes, Sorciers…
- Démon ! éclata une voix, à gauche de la salle.
- Elfes, Hommes, Sorciers, et… Démon, rectifia Adüstyo, nous voici réunis une nouvelle fois en cette chère Chambre Pourpre pour discuter d’un problème qui nous tient tous à cœur. Comme vous avez pu le remarquer en vous rendant à cette assemblée –même si comme moi vous êtes aveugles, je ne pense pas que vous avez pu le rater-, un nouvel attentat a été commis la nuit dernière, visant à détruire le temple. Cela signe le quatrième acte terroriste en un mois à peine. Je vous ai tous rassemblés pour trouver conseil auprès de vous quant à l’attitude à adopter vis à vis de l’insécurité grandissante qui sévit dans notre contrée. Je vais à présent laisser la parole au ministre Capricorn, délégué à la sécurité intérieure, qui vous expliquera son projet.
Adüstyo se rassit, soupirant, tandis que Capricorn se levait à son tour pour faire face à l’assemblée. Balayant les sénateurs du regard, il se dépoussiéra d’un geste négligé et prit la parole.
- Vous le savez tous, la situation ne peut plus durer ainsi. Hier encore, la très prestigieuse gazette de Carlotta titrait, je cite « le Gouvernement prend sa retraite ». Le peuple de Twotf nous accuse de rester les bras croisés face à la menace grandissante des clans de démons qui règnent en maître à Pyrathia et attentent à la vie de centaines de citoyens chaque jour, allant même jusqu’à attaquer nos propres foyers ! Il faut que cette politique terroriste cesse, et ce dans les plus brefs délais. C’est pourquoi j’ai besoin de vos voies pour faire voter le projet qui suit.
Un long tableau blanc se déroula aux côtés de Capricorn, et une grande carte y apparut. Le ministre sortit une perche de bambou et commença à expliquer son plan.
- Voici Carlotta, avec les bâtiments qui ont été la cible des attentats. Là, là et là, par exemple, en rouge, sont les endroits possibles où pourraient s’être établi le quartier général du clan de l’archange Saraka, celui là même qui revendique les attaques de la bibliothèque, du bureau des milices et du palais des expositions de Carlotta Nord. En noir sont entourées les grottes où se sont réfugiés toutes sortes de démons, ceux qui attaquent les passants dans les montagnes. Voici la vermine qu’il faut rayer de cette carte. C’est pourquoi je propose une solution : nous disposons au département de sécurité d’une équipe spéciale de milice magique composée d’une élite de Mages, ayant tous rassemblé une puissance assez surprenante. En les posant en groupe sur chaque endroit possible, nous avons là la possibilité de supprimer à tout jamais les clans formés, et ainsi réduire la population démoniaque de quatre vingt pour cent.
- la parole est accordée au Ministre Marwin, chargé des affaires culturelle à carlotta et de la paix inter mondes.
Un petit homme blond se leva et toussota à plusieurs reprises pour réclamer le silence dans la salle et faire taire les murmures grandissants des sénateurs qui réagissaient déjà à la proposition de Capricorn. Marwin était un humain assez insupportable, le genre à vous menacer sans cesse de sa voix aigüe juqu’à obtenir ce qu’il désire.
- Je trouve l’idée très intéressante, et voudrais savoir si elle sera mise en place assez rapidement, pour avoir un maximum de sécurité lors de la fête de samedi. Voilà, c’est tout.
Alors qu’il se rasseyait après sa courte intervention, la voix annonça :
- Sénateur Kaos.
Un grand homme assez baraqué se leva de toute la hauteur, ce qui n’était pas peu dire. C’était le seul démon de l’assemblée qui avait été nommé pour calmer un peu cette race, mais il était non moins mal aimé de tous, même de ses congénères. On l’avait choisi pour sa capacité à accepter certaines affaires sans poser de questions si on lui donnait ce qu’il voulait et qu’on le laissait faire ses magouilles en paix.
- je pense que ce serait une erreur de sous-estimer le peuple des démons de Pyrathia, commença-t-il d’une voix lente. Grâce à mes espions, vous savez les différents emplacements de leurs quartiers généraux, mais il est quasiment impossible de déterminer le nombre de démons errants qui ne demandent qu’à devenir furieux en voyant tant de morts dans leur espèce. Ce sont ceux là même qui viendront jouer les troubles fête samedi si vous supprimez tous les leurs avant les festivités. Avez-vous déjà vu un démon déchaîné, Marwin ?
Un murmure parcourut l’assemblée. Kaos n’était pas plus qu’un traître et un salaud, mais il ne leur était pas moins d’une grande utilité.
Le débat continua jusqu’à une heure avancée de l’après midi, et on se décida d’envoyer la milice magique à Pyrathia dès le dimanche soir.
Malgré la bonne heure, la place du centre grouillait de personnes en tout genre qui s'affairaient autour d'un désordre innommable.des chaises et tes tables en bois jonchaient partout, brisées sur le sol, et de nombreuses calèches peintes aux couleurs bleue et blanche de l'hôpital ramassaient une foule de blessés graves et de morts depuis le milieu de la nuit. Des cordons de sécurité étaient tendus autour d'une zone complètement calcinée devant les marches du temple où siégeait la Chambre Pourpre. Deux personnes étaient debout devant cette zone interdite, visiblement un homme et une femme.
L'homme était grand et squelettique, un albinos aux yeux vérins, assez inquiétant avec son costume noir et son haut-de-forme impeccable : Capricorn, le ministre délégué à la sécurité intérieure. A ses côtés, tout emmitouflée dans une cape fourrée beige, se tenait une jeune femme aux longs cheveux bleus, le regard dans le vide et frissonnante de froid. C'était Océane, ministre de la santé et co-directrice de l'hôpital Crystal, récemment rénové et encore plus performant.
Une calèche tirée par des chevaux blancs s'arrêta devant les deux personnes, et en sortit un Adüstyo pressé qui tendit l'oreille un instant l'air déboussolé, avant de se diriger vers Capricorn et Océane. Il les salua.
- Pardonnez-moi d'être en retard, j'avais une affaire des plus importantes à régler avec le ministère culturel pour l'organisation de la fête de samedi. Marwin est un rascal !
Il s'interrompit un instant avant de continuer, plus gravement :
- C'est un nouvel attentat ?
Capricorn hocha la tête.
- j'en ai bien peur, répondit-il d'une voix traînante. En tout cas, ça devait l'être.Ils emble que la bombe n'aie pas atteint sa cible, heureusement pour nous, car les dégâts qu'elle aurait pu causer au temple auraient été irréparables.
- Mais la bombe a tout de même fait des ravages, expliqua Océane, la voix un peu étouffée par le col de fourrure de sa cape. On compte dix morts et trente-cinq blessés grave. Des clients du restaurant des Lucioles qui dînaient en terrasse. Nous sommes débordés...
- D'après les témoins oculaires, continua Capricorn, l'attentat s'est produit aux alentours de la première heure de la soirée. Mes hommes sont en train d'interroger les personnes capables de parler, pour en savoir plus.
- Oh, Adüstyo, dites-lui de cesser cela ! Tout le monde est bouleversé, les gens ont besoin de soins, pas d'être ainsi agressés !
Capricorn lança un regard noir à Océane, qu'Adüstyo ne put saisir. Mais le Gardien sentait bien l'atmosphère tendue et finalement déclara :
- Capricorn, je pense que vous pourrez faire votre interrogatoire à une heure plus avancée du matin... Il ne sert à rien de presser encore plus ces pauvres gens.
Puis il tourna la tête vers l'endroit où la bombe avait explosé, et demanda :
- Qu'y a-t-il, là ?
- C'est l'endroit de l'explosion. On y a retrouvé deux démons.Le plus gros est sérieusement amoché, mais il sera facile de le remettre sur pied pour le faire parler, commenta Capricorn, l'air un peu irrité par sa défaire contre Océane sur la question des témoins. Il y en a un autre, un démon succubique mâle. Il est toujours inconscient, mais il parait en bon état par rapport à son congénère, bien que la rosée a commencé à le brûler.Nous attendons le département spécial de l'hôpital pour évacuer ces deux là. Il faut être prudents, on ne connaît pas encore leurs pouvoir, mais on pense que le petit est un élémentaire feu.
Adüstyo hocha la tête. Cela faisait un souci de plus. Il entendait bien la pagaille qui régnait sur la place, et se demanda s'il n'allait pas annuler la fête nationale du surlendemain. Bien sûr Marwin allait le tuer, mais il songea en frissonnant à ce qui arriverait si une autre bombe de ce type était lancée dans une foule en liesse.
- L'assemblée de ce matin va bientôt commencer, rappela Capricorn, sortant Adüstyo de sa rêverie.
Cette déclaration fut accueillie par des soupirs de mécontentement d'Océane.
- Cette idée est choquante et grotesque ! s'écria celle-ci qui avait dû être mise au courant du projet de vote avant les autres ministres. Je la trouve même inadmissible, si vous voulez tout savoir.
- Mais bien sûr... Vous êtes une femme, Océane, ne l'oubliez jamais ! murmura Capricorn, un rictus sur les lèvres.
Océane eut un air outré, et tourna les talons avant de repartir vers les ambulances. Cette espèce de sale humain était décidément des plus odieux !
Adüstyo resta muet quelques instants, puis soupira.
- Il faudrait que vous pensiez plus souvent à maîtriser votre langage, Capricorn, conseilla-t-il à celui-ci avant de ce diriger calmement vers les marches du temple restées intactes pour se rendre à ce nouveau conseil de la Chambre Pourpre.
Capricorn leva les yeux au ciel et escalada à son tour les marches blanches, contournant soigneusement l'endroit où gisaient les deux démons.Il jeta un bref regard de dégoût au visage du plus petit, recouvert par des mèches brunes collées à sa peau par la délicate rosée, qui avait sur lui un effet dévastateur.
*
Adüstyo était assis dans sa loge et avait commencé à réfléchir à son discours quand au problème posé, à savoir : « comment faire en sorte que les démons arrêtent leur actes terroristes ? ». Mais apparemment, pour certain, il aurait plutôt été : « comment faire en sorte que les démons arrêtent de vivre ? ». Pendant ce temps là, la Chambre Pourpre avait commencé à se remplir.
C’était un endroit assez singulier. Un large emphithéâtre de près de cinquante mètres de diamètre occupait les bons trois quarts de cette salle en arc de cercle, aussi vaste qu’une cathédrale. En face de chacun des fauteuils pourpres, moelleux à souhait, se plaçait un petit bureau d’ébène où l’on pouvait poser des documents ou rédiger son intervention. Un total de quatre vingt treize sénateurs de (presque) toutes les races siégeaient en cet endroit. En face, sur le mur opposé, étaient les loges des ministres, comme des petits balcons fixés en hauteur pour que tous les sénateurs puissent voir. Le Gardien trônait quant à lui au centre, dans la loge la plus grande, et un long étendard pourpre marqué du blason de Twotf y était accroché.
Capricorn prit place dans sa loge, à gauche de celle d’Adüsyto, et lança un regard en coin au Gardien qui semblait soucieux, tandis que Marwin, le ministre des affaires culturelles, s’asseyait dans la sienne, cette fois à droite. Peu après arriva Océane qui fit sembalnt de ne pas remarquer l’albinos, suivie de près par un autre petit groupe de ministres qui semblaient en proie à une discussion animée.
« La parole est donnée au Gardien Adüstyo, président de ce trois cent quatre vingt-cinquième conseil. »
Adüstyo sursauta un peu lorsque la voix féminine l’annonça. Il n’avait pas vu le temps passé, et n’avait pas prêté attention aux bruits de la salle, si bien qu’il n’avait pas remarqué que tout le monde était arrivé.
Il se releva précipitamment et se racla la gorge. Il captait à ce moment là tous les regards de l’assemblée, qui s’était tue pour l’écouter. Il prit son inspiration et commença :
- Elfes, Hommes, Sorciers…
- Démon ! éclata une voix, à gauche de la salle.
- Elfes, Hommes, Sorciers, et… Démon, rectifia Adüstyo, nous voici réunis une nouvelle fois en cette chère Chambre Pourpre pour discuter d’un problème qui nous tient tous à cœur. Comme vous avez pu le remarquer en vous rendant à cette assemblée –même si comme moi vous êtes aveugles, je ne pense pas que vous avez pu le rater-, un nouvel attentat a été commis la nuit dernière, visant à détruire le temple. Cela signe le quatrième acte terroriste en un mois à peine. Je vous ai tous rassemblés pour trouver conseil auprès de vous quant à l’attitude à adopter vis à vis de l’insécurité grandissante qui sévit dans notre contrée. Je vais à présent laisser la parole au ministre Capricorn, délégué à la sécurité intérieure, qui vous expliquera son projet.
Adüstyo se rassit, soupirant, tandis que Capricorn se levait à son tour pour faire face à l’assemblée. Balayant les sénateurs du regard, il se dépoussiéra d’un geste négligé et prit la parole.
- Vous le savez tous, la situation ne peut plus durer ainsi. Hier encore, la très prestigieuse gazette de Carlotta titrait, je cite « le Gouvernement prend sa retraite ». Le peuple de Twotf nous accuse de rester les bras croisés face à la menace grandissante des clans de démons qui règnent en maître à Pyrathia et attentent à la vie de centaines de citoyens chaque jour, allant même jusqu’à attaquer nos propres foyers ! Il faut que cette politique terroriste cesse, et ce dans les plus brefs délais. C’est pourquoi j’ai besoin de vos voies pour faire voter le projet qui suit.
Un long tableau blanc se déroula aux côtés de Capricorn, et une grande carte y apparut. Le ministre sortit une perche de bambou et commença à expliquer son plan.
- Voici Carlotta, avec les bâtiments qui ont été la cible des attentats. Là, là et là, par exemple, en rouge, sont les endroits possibles où pourraient s’être établi le quartier général du clan de l’archange Saraka, celui là même qui revendique les attaques de la bibliothèque, du bureau des milices et du palais des expositions de Carlotta Nord. En noir sont entourées les grottes où se sont réfugiés toutes sortes de démons, ceux qui attaquent les passants dans les montagnes. Voici la vermine qu’il faut rayer de cette carte. C’est pourquoi je propose une solution : nous disposons au département de sécurité d’une équipe spéciale de milice magique composée d’une élite de Mages, ayant tous rassemblé une puissance assez surprenante. En les posant en groupe sur chaque endroit possible, nous avons là la possibilité de supprimer à tout jamais les clans formés, et ainsi réduire la population démoniaque de quatre vingt pour cent.
- la parole est accordée au Ministre Marwin, chargé des affaires culturelle à carlotta et de la paix inter mondes.
Un petit homme blond se leva et toussota à plusieurs reprises pour réclamer le silence dans la salle et faire taire les murmures grandissants des sénateurs qui réagissaient déjà à la proposition de Capricorn. Marwin était un humain assez insupportable, le genre à vous menacer sans cesse de sa voix aigüe juqu’à obtenir ce qu’il désire.
- Je trouve l’idée très intéressante, et voudrais savoir si elle sera mise en place assez rapidement, pour avoir un maximum de sécurité lors de la fête de samedi. Voilà, c’est tout.
Alors qu’il se rasseyait après sa courte intervention, la voix annonça :
- Sénateur Kaos.
Un grand homme assez baraqué se leva de toute la hauteur, ce qui n’était pas peu dire. C’était le seul démon de l’assemblée qui avait été nommé pour calmer un peu cette race, mais il était non moins mal aimé de tous, même de ses congénères. On l’avait choisi pour sa capacité à accepter certaines affaires sans poser de questions si on lui donnait ce qu’il voulait et qu’on le laissait faire ses magouilles en paix.
- je pense que ce serait une erreur de sous-estimer le peuple des démons de Pyrathia, commença-t-il d’une voix lente. Grâce à mes espions, vous savez les différents emplacements de leurs quartiers généraux, mais il est quasiment impossible de déterminer le nombre de démons errants qui ne demandent qu’à devenir furieux en voyant tant de morts dans leur espèce. Ce sont ceux là même qui viendront jouer les troubles fête samedi si vous supprimez tous les leurs avant les festivités. Avez-vous déjà vu un démon déchaîné, Marwin ?
Un murmure parcourut l’assemblée. Kaos n’était pas plus qu’un traître et un salaud, mais il ne leur était pas moins d’une grande utilité.
Le débat continua jusqu’à une heure avancée de l’après midi, et on se décida d’envoyer la milice magique à Pyrathia dès le dimanche soir.
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